Portraits des francophones

Fayza Abdallaoui, entrepreneure sociale, consultante, facilitatrice et coach

Q : Lieu de naissance? R. Genève, Suisse.

Q : Ta passion? R : Difficile de résumer en quelques lignes. Curieuse, optimiste et empathique, je suis une passionnée qui voit des opportunités, des améliorations et des succès possibles partout ou presque et aime lancer des initiatives, des projets qui auront de l’impact.
Ces dernières années, au travers des projets que je lance, supervise ou accompagne, je me concentre au développement économique et à l’autonomisation financière des femmes et des immigrantes, principalement au sein de nos communautés francophones.
Mes engagements bénévoles vont dans le même sens puisque je suis présidente du Mouvement Ontarien des Femmes Immigrantes Francophones et membre du CA de l’Association Algérienne du Grand Toronto.

Q : Ton passe-temps préféré? R. Sérieusement, j’aime ce que je fais aujourd’hui et je considère comme un privilège, mais aussi comme le fruit de beaucoup de travail, de pouvoir le faire sans vraiment compter mes heures comme souvent quand on est en affaires ou engagé dans la communauté.
Ma famille soutient mes choix et contribue à ce que je puisse les faire. Toutefois, j’aime énormément regarder de vieux films de mon enfance avec mon fils de neuf ans, j’aime lire et je pratique aussi les danses latines et de salon quand je le peux.

Q : De nos quatre saisons, laquelle préfères-tu? R. Chacune a ses beautés, surtout ici en Ontario. L’automne et ses couleurs m’émerveillent toujours autant chaque année surtout quand je fais la route entre Toronto et Welland, comme ce sera le cas dans quelques jours. Le printemps et l’été algériens me manquent.

Q. Ton plus beau voyage? R. Rio de Janeiro au Brésil. C’est une ville et un pays pour lesquels je nourris une autre passion depuis mes 15 ans. Et puis, la vie elle-même est un beau voyage.


Q : Destination encore à découvrir ? R. Hum! ma liste est longue d’autant plus que j’aime aller à la rencontre des gens, faire des rencontres, prendre mon temps, observer. J’ai beaucoup d’admiration pour les voyageurs à pied, à cheval, à vélo car ils prennent leur temps et c’est là que l’inattendu et la beauté d’un pays se révèlent vraiment aux yeux du voyageur.
Je ne connais pas assez mon propre continent, l’Afrique, qui offre tellement de diversité et de richesses à commencer par l’Algérie, mon pays d’origine, dont je ne connais que la côte méditerranéenne pour l’instant.
J’aimerais pouvoir remonter du Cameroun au Sénégal en passant par le Nigeria, le Bénin, le Togo, et pourquoi pas le Cap-Vert. Mais en attendant de pouvoir le faire, je pencherais pour l’Islande ou l’Irlande, mais sûrement après l’hiver. On aura bien assez de neige en Ontario déjà.

Q : Avoir l’opportunité de prendre un dîner avec une personnalité de l’histoire, qui choisirais-tu et pourquoi? R. Très certainement l’une des très nombreuses femmes de pouvoir africaines ou orientales qui ont jalonné l’histoire mais semblent « oubliées » par les livres et notre mémoire collective et que j’aimerais découvrir.
Des femmes féministes déjà, cultivées, philanthropes et puissantes dont les combats et les réussites trouveraient écho dans ceux d’aujourd’hui encore. Autrement, Fatima Mernissi, une sociologue et féministe marocaine décédée en 2015 dont ma mère m’a fait découvrir les études et les livres. Tellement de questions à lui poser.

Q : Dernier bouquin lu? R. J’en ai toujours plusieurs en cours en même temps, comme les projets. Parmi eux, « Commencez par le pourquoi » de Simon Sinek ou comment les grands leaders nous incitent à passer à l’action.
Un livre conseillé par Inès Benzaghou, très engagée pour l’entreprenariat des femmes. Autrement j’attends de lire le dernier livre de Fété Ngira-Batware Kimpiobi, que vous connaissez bien dans votre région, « Niota le secret de la plume » paru chez l’Harmattan.

Q : Citation préférée? R. En ce moment « Que tes choix soient inspirés par tes espoirs, et non pas par tes peurs.» – Nelson Mandela.

Q. Auteur préféré? R. Jorge Amado, un auteur brésilien fameux, pour la façon dont il a dépeint le Brésil, son peuple, son histoire et son folklore.

Q : Un livre que tu recommandes? Pourquoi? R. Des livres de littératie financière! Nous n’apprenons pas comment parler d’argent et bien mieux le gérer alors que c’est une compétence essentielle.
Les bibliothèques publiques regorgent de référence. Éduquons-nous, c’est essentiel à notre développement et notre sécurité économique. Et c’est l’un de mes chevaux de bataille!

Q : Ta plus grande qualité? Ton pire défaut? R. Chut! C’est une entrevue, pas un entretien d’embauche.

Q : La chose dont tu es le plus fière? R. De mon fils bien sûr. Mais aussi de chaque femme que chaque femme immigrante avec laquelle il m’a été donné de travailler, pour leurs forces, leurs compétences, leurs résiliences et leur énergie à construire un monde meilleur pour elles-mêmes et leur entourage.

Q : Si on te donne un million de dollars, qu’en ferais-tu? R. Exactement ce que je fais aujourd’hui, construire des projets, investir. Et puis je pourrais faire les voyages précédemment cité en rajoutant l’Argentine, le Brésil et le Guatemala à ma liste.

Q. Ton conseil au jeune franco-ontarien qui se prépare à faire face à la vie et aux choix de carrière? R. Voyez ou vous pourrez avoir le meilleur impact en raison de vos forces, de vos centres d’intérêts. Voyez ce qui vous allument, ce qui vous fait réagir et engouffrez-vous dans ce domaine-là et faites-y une différence…dans les deux langues. Mettez-y toute votre passion et votre travail. « Je ne te dis pas que ce sera facile, je te dis que ça en vaudra la peine.»