Portraits des francophones

Gaétan Marcheterre, Professeur au Collège Boréal et au Collège Niagara

Il est originaire de la plus belle ville en Amérique du Nord : Québec, Qc.

Q : Profession et responsabilités premières? R : J’enseigne, à temps partiel, au Collège Boréal ainsi qu’au Collège Niagara. Au Collège Niagara, je fais partie du School of Business & Management. J’enseigne principalement à des étudiants internationaux post-gradués. Les cours que j’ai enseignés sont : Business in a Global Environment, Fundamentals of International Trade, International Economics, Business Principles, Global Logistics Management, Concepts in International Trade et Macro Economics.

Q : Tu as choisi l’Ontario/le Niagara ou c’est elle/lui qui t’a choisi? R : Nous avons décidé de nous installer dans la région du Niagara pour quelques raisons. La première étant que notre fils, qui a fait ses études à l’Université Brock demeure et enseigne au secondaire à St. Catharines. La deuxième est que notre petite-fille de quatre ans, qui est à quelques rues de nous, nous permet de jouer aux grands-parents pleinement. Troisièmement, la région du Niagara nous offre un environnement propice à la retraite avec ses vignobles et ses vergers ainsi que son climat tempéré.

Q : Passe-temps préféré? R : Lecture, golf et musique.

Q : Meilleur conseil que tu as apprécié le plus dans ta vie? R : Le conseil/commentaire que j’ai le plus apprécié dans ma vie et que je n’ai jamais oublié m’est venu de mon grand-père maternel, Ulric Gagnon. Je me rappelle les longues marches que j’ai prises, à un jeune âge, avec mon grand-père à Québec et qu’il en profitait pour faire de la philosophie. Il me disait toujours que si «j’étais pour réussir dans ma vie, de garder confiance en moi-même et de pousser avec une ambition mesurée.» Je n’ai jamais oublié.

Q : C’est quoi qui te passionne? R : La jeunesse et la culture française. J’enseigne parce que j’adore partager mes connaissances et expériences que j’ai acquises au travers des années. J’ai toujours reconnu que, comme parents, nous avions une responsabilité primordiale de préparer nos enfants à l’âge adulte. L’enseignement me permet de continuer à le faire.

Ma passion, pour la langue et la culture française, me vient de ma mère qui enseignait le français. Elle s’est assuré que nous parlions bien le français et que nous soyons fiers de notre patrimoine.

Une autre passion qui m’a acharné depuis toujours est l’amour de l’aviation. Je peux me rappeler que, quand j’étais petit, je ne pouvais pas laisser un avion passer, même à 10 000 mètres d’attitude, sans le suivre d’un horizon à l’autre. Donc, c’est sans surprise que, après mes études, j’ai commencé à piloter à partir de ce que nous appelons aujourd’hui l’aéroport Billy Bishop à Toronto. Mais, ce n’est qu’après que mes garçons soient plus âgés que je m’y suis donné à fond.

Mes sept années à Ottawa ont été les meilleures. Mes multiples randonnées en Cessna 172 m’ont fait vivre les plus belles expériences. Un exemple de ce que nous appelions «Le hamburger à 100$» : Étant membre du  club d’aviation Rockcliffe, juste à l’est du centre-ville d’Ottawa, nous permettait d’ajouter notre nom à une invitation pour faire une randonnée, par exemple à Cornwall, un beau samedi matin accompagné de 2, 3, 4 ou même 5 autres avions similaires. Question de décoller l’un après l’autre pour se rendre à l’aéroport de Cornwall, débarquer et casser la croûte avant de revenir à Ottawa. En effet, le hamburger coûtait au moins 100$ mais le plaisir en valait bien la peine.

Mes cinq années à Sudbury m’ont fait vivre un autre genre de pilotage. Avec ses centaines de lacs et ses immenses forêts, un pilotage visuel et à la carte avec beaucoup d’attention aux détails était nécessaire mais aussi très gratifiant.

Q : De nos quatre saisons, laquelle préfères-tu? R : Sans équivoque, l’été.



Q : Plus beau voyage/pays visité?  Pourquoi ce choix? R : La Grèce, l’Égypte et une partie du Moyen-Orient parce que ce sont, parmi tant d’autres, les berceaux de nos civilisations. Mieux les connaître nous permettrait de mieux les comprendre.

Q : Avoir l’opportunité de prendre un repas avec une personnalité de l’histoire, qui choisirais-tu? Pourquoi? R : Wilfrid Laurier. Parce qu’il vient d’Arthabaska, dans le Centre-du-Québec et c’est là que j’ai grandi (école primaire à Princeville et secondaire à Victoriaville). Donc, nous étions bien informés des exploits de Wilfrid Laurier et du comment il a été instrumental dans la protection de la culture française comme Premier ministre du Canada avant et durant la Première Guerre mondiale.

Q : Dernier bouquin lu? Auteur(e) préféré(e)? R : Le dernier livre que j’ai lu est «Le Québec mis en échec» – La discrimination envers les Québécois dans la LNH. Habituellement, je suis attiré par les biographies de personnes qui ont eu une influence sur la vie quotidienne de leurs contemporains tels que les politiciens et les philosophes. Malheureusement, j’ai une pile de livres qui m’attendent parce que je suis trop occupé à faire la lecture de toutes sortes de magazines imprimés ou électroniques. Exemples : L’Actualité, The Economist, Harvard Business Review, Agence France-Presse et plus.

Q : Un livre que tu recommandes? R : Mon Dieu, toute une question! La lecture est si personnelle que je ne pourrais pas suggérer un livre plus qu’un autre. Pensons à ceux que nous avons étudiés sur les bancs d’école tels que Corneille, La Fontaine, Molière, Racine, Rousseau, Sade et Voltaire. Sans oublier les Québécois tels que Lionel Groulx, Anne Hébert, Félix Leclerc et Gaston Miron. C’est un début!

Q : Quelle est ta plus grande qualité? Quel est ton pire défaut? R : La passion. L’impatience.

Q : Quel est ton sport préféré ? R : Le hockey et les Canadiens de Montréal. J’ai eu l’opportunité de vivre durant la plus belle période des glorieux.

Q : Quel est ton film préféré ? R : «Apocalypse Now». Ce film a été réalisé en 1979. Étant donné mon âge, et d’avoir fait mes études postsecondaires avec des draft dodgers et mes premiers voyages d’affaires aux Etats-Unis, j’ai rapidement réalisé le privilège d’être né canadien.

Aussi, d’avoir fait la connaissance de certaines personnes qui avaient choisi de ne pas aller à la Guerre du Vietnam et d’autres qui avaient choisi d’y aller et d’y avoir peut-être perdu un membre, sinon la vie, m’a bien préparé à apprécier le message que Francis Ford Coppola a voulu nous transmettre. J’ai dû visionner ce film au moins 25 fois.

Q : Quel est ton type de musique préférée? R : La musique qui m’as fasciné le plus nous vient des années 60s et 70s. Ceci étant dit, il me serait plus facile d’omettre un ou deux types de musique que d’en choisir un ou deux. Mais, dû premièrement à la période de la Révolution tranquille au Québec et ma venue à Toronto pour y faire mes études postsecondaires, j’ai été endoctriné par la musique française genre beatnik inspirée par le désir de changements culturels au Québec et des troubles politiques et culturels aux Etats-Unis.

J’ai toujours fait la remarque que chaque chanson qui sortait, à partir de 1965 jusqu’au début des années 70s, était meilleure que la précédente. Les troubadours comme Bob Dylan, Joan Baez, Judy Collins, Gordon Lightfoot, Pete Seeger et plusieurs autres nous ont nantis avec beaucoup de joie et plaisir.

Q : Si on te donne un million de dollars, que ferais-tu avec? R : À ce point-ci de ma vie, mon focus serait de m’assurer que mes petits-enfants puissent se garantir l’éducation postsecondaire la plus attributaire.

Q : Tu recommandes les vins du Niagara ou ceux d’ailleurs? R : Tout dépend de l’occasion. Il y a de très bons vins à bon prix qui viennent de la région du Niagara, mais c’est très difficile de battre un Pouilly Fuissé ou un Chianti.

Et pour terminer…

Q : Quel est ton conseil/ta recommandation au jeune franco-ontarien qui se prépare à faire face à la vie en général? R : Premièrement, je voudrais que nos jeunes franco-ontariens puissent avoir une meilleure appréciation des multiples avantages d’être bilingues, sinon polyglotte.

Deuxièmement, je voudrais que nos jeunes franco-ontariens développent une passion pour la langue de Molière.

Malheureusement, ceci se doit de venir de leurs parents et de leurs grands-parents. Dans un premier temps, ceci doit être initié à la maison dès le plus jeune âge, et par la suite, être suivi par nos institutions d’enseignement.

Sans cet avant-propos, il est difficile de convaincre nos jeunes de se présenter pour une possibilité d’emploi avec confiance et de mettre en évidence leur avantage linguistique et culturel.

Tout cela débute avec la passion transmise par nos aînés, de sorte qu’ils sont tous concernés, parents et éducateurs, qui s’assurent d’un niveau de qualité de la langue française qui va ensuivre en un sentiment de fierté et de confiance nécessaire pour bien réussir.