Portraits des francophones

Kimpiobi Ngira-Batware, B. Fété, Directrice générale de SOFIFRAN

La question que j’aurais aimé qu’on me pose?

« Quel est ton apport tangible à la région du Niagara? »

Je suis née à Yassa dans la province de Bandundu en République démocratique du Congo (Afrique). Pour mieux me connaître, lisez la suite.

Q : Profession et responsabilités premières? R : J’exerce la fonction de directrice générale de SOFIFRAN (Solidarité des femmes et familles immigrantes francophones de Niagara/Hamilton) depuis sa création en 2007. Je suis détentrice d’une licence en Sciences sociales, politiques et administratives option Relations internationales de l’Université Libre de Kinshasa. Avant d’immigrer au Canada, j’ai occupé pendant neuf ans le poste de Directrice de siège à Kinshasa, d’une multinationale sud-africaine de négoce internationale, après en avoir été agente de vente et directrice de relations publiques pendant 11 ans.

Q : As-tu choisi l’Ontario (le Niagara)? R : Après un séjour de cinq ans et demi dans la belle province du Québec, la famille a décidé de déménager en Ontario en 2005. Le Niagara s’est imposé à nous comme une évidence indiscutable. Ce fut une attraction mutuelle et réciproque. Nous avons fait confiance à notre intuition. Je ne l’ai jamais regretté malgré les dures épreuves vécues avec la perte de deux êtres chers. Je suis une personne désespérément optimiste. Je considère la vie comme le plus beau cadeau et les épreuves (échecs) comme les promesses des succès à venir.

Q : Passe-temps préféré? R : Cuire ma délicieuse sauce pimentée Moto, mijoter des petits plats africains pour ma famille et mes amis, avoir des discussions positives; tout le monde a quelque chose d’intéressant à dire et à apprendre des autres, faire des mots croisés et lire ou écrire en écoutant de la musique.

Q : Quel est le meilleur conseil que tu as reçu? R : Lors d’un voyage en Belgique en 1987, je suis tombée sur une plaquette portant ce magnifique conseil : là où tu es semé, il te faut fleurir. Et, lorsque douze ans plus tard, les évènements tragiques survenus dans mon pays ont obligé la famille d’immigrer au Canada, j’ai encore mieux appréhendé la profondeur et la dimension de ce conseil. J’en ai fait une règle de vie pour moi et les miens.

Q : Qu’est-ce qui te passionne? R : L’écriture. Mon rêve est d’atteindre l’autonomie financière qui me donne la liberté de m’adonner à ma passion d’écrire.

Q : De nos quatre saisons, laquelle préfères-tu? R : Chaque saison est unique, diverse et indissociable des autres. Chacune est porteuse de sa magie propre, enrobée dans la sève de son rôle singulier qui imprègne, nourrit, enrichit la terre et la vie et prépare la saison suivante. La majesté impériale et silencieuse de l’hiver, la gaieté luxuriante et colorée du printemps, les libertés et un je ne sais quoi d’abandon de l’été ainsi que les palettes flamboyantes et clair-obscur de l’automne sont autant de facettes d’une même beauté qui émerveille l’œil du peintre, débrident l’imagination du poète, rythment la vie humaine et portent le germe de l’éternel changement.


Photo Fete


Q : Quel a été ton plus beau voyage ou pays visité et pourquoi? R : J’ai vécu en France ou j’ai fait mes études primaires, secondaires et postsecondaires. J’ai par la suite beaucoup voyagé en Europe, dans quelques pays d’Afrique et en Asie. L’Inde est le pays qui m’a le plus impressionnée par la richesse de sa culture et la magnificence de sa civilisation passée. Ce pays est très inspirant. Les pays de la Cordillère des Andes me fascinent beaucoup. J’aimerais visiter les vestiges de ces grandes civilisations à jamais disparues dans les replis du temps.

Q : Si tu avais l’opportunité de prendre un repas avec une personnalité qui a marqué l’histoire, qui choisirais-tu et pourquoi? R : Le Mahatma Gandhi, père de la non-violence. Il fut et il reste un des grands hommes de l’histoire de notre humanité. Son choix de la non-violence rejoint dans son essence les enseignements de ces Grands Êtres qui l’ont précédé ou suivi ou lui ont été des contemporains tels Nelson Mandela.

Q : Dernier bouquin lu? Auteur(e) préféré(e)? Citation préférée? R : « Le Placebo c’est Vous » de Joe Dispenza Auteur(e) préféré(e). Je lis beaucoup et des auteurs différents. Mes auteurs préférés sont : Hampaté Bah, Théophile Obenga, Lee Carroll, Eckhart Tollé et Michael Roads. ? Citation préférée ? « Là où tu es semé, il te faut fleurir. »

Q : Quel est le livre que tu recommandes? R : « Que sait-on vraiment de la réalité? » Ce livre est écrit par un collectif de scientifiques (co-créateurs du film à succès « What the bleep do we know? » Il parle, de façon simple et à la portée de tous, des possibilités infinies de l’esprit humain et son immense pouvoir de transformer la réalité quotidienne et d’opérer des changements fondamentaux en tout un chacun.

Q : Quelle est ta plus grande qualité? Ton pire défaut? R : Savoir écouter sans juger. L’obstination. Je n’abandonne jamais une cause que je considère juste

Q : Quel est ton loisir préféré ? R : La lecture.

Q : T’est-il déjà arrivé quelque chose d’absolument bizarre? R : Durant un séjour à Paris, j’ai oublié dans un taxi des documents très importants que je devais remettre d’urgence à une famille en attente de régularisation de statut. J’ignorais le nom de la compagnie de taxi. Un vrai drame qui a pourri mon séjour et faillit gâcher mes relations. La veille de mon retour au pays (trois semaines plus tard et dans un quartier opposé de la ville), je hèle un taxi dans la rue et c’est le même chauffeur qui me reconnait aussitôt. Nous allons récupérer les documents qu’il a eu la gentillesse de déposer à l’ambassade de mon pays. J’ai fondu en remerciements et en gratitude! Cela n’arrive pas tous les jours!

Q : Quelle est la chose dont tu es le plus fière ? R : Au Congo : la création (avec l’aide de deux ingénieurs en alimentation) d’une bouillie alimentaire, certifiée par les services de contrôle du pays, qui permet aux enfants atteints de kwashiorkor de récupérer leur santé en une dizaine de jours. *kwashiorkor (malnutrition protéino-énergétique sévère de la première enfance, Wikipédia). Au Canada : la publication de mon premier livre de contes.

Q : Quelle est ton sport préféré? R : La marche.

Q : Quel est ton film préféré ? R : Je regarde un film de temps à autre et j’avoue avoir regardé plusieurs fois avec le même plaisir, le film « Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu. » Il parle de diversité avec humour et montre que les préjugés ne sont pas l’apanage d’un groupe social ou ethnique en particulier. J’aime aussi les films documentaires qui permettent de découvrir les avancées scientifiques, les peuples de la terre et les cultures du monde.

Q : Quel est ton type de musique préférée ? R : J’adore la musique classique, mais quand je conduis, j’écoute les rythmes africains et les musiques du monde. Ils aident à garder l’œil vigilant.

Q : Tu recommandes les vins du Niagara ou ceux d’ailleurs? R : Je ne suis pas une grande consommatrice d’alcool. Cependant, je n’hésite pas à recommander et à servir les vins du Niagara à mes invités. De plus, j’emporte toujours comme cadeau, une ou deux bouteilles dans mes valises quand je voyage en Afrique ou en Europe.

Q : Si on te donne un million de dollars, que ferais-tu avec? R : Je ferai appel au service des ingénieurs et spécialistes, pour développer des couveuses pour bébés prématurés, des réchauds et des réfrigérateurs à l’énergie solaire à très bas coûts pour les pays en voie de développement. Cela sauverait la vie des millions de bébés, simplifierait la vie des femmes et contribuerait à la protection de l’environnement et à la diminution de la déforestation.

Et pour terminer…

Q : Quel est ton conseil pour le jeune franco-ontarien qui se prépare à faire face à la vie? R : Tout humain possède un talent inné personnel qui le différencie des autres. Découvre vite et tôt le tien, fixe-toi un objectif clair, développe ta confiance en toi et la certitude en ta réussite, mets toutes les chances de ton côté en opérant des choix de vie en adéquation avec ton objectif, accroche-toi et fonce!